mardi 7 juillet 2009

LE MEILLEUR PAPA...

Ben oui! J'ai passé l'après-midi devant ma télé. Comme vous. Enfin peut-être comme vous parce qu'il y a encore des gens qui travaillent sur la planète Jackson.

Je m'étais dit, je vais regarder à quoi ça ressemble. Or, comme des millions de badauds, j'ai voulu voir de plus près.  J'ai vu. Or, ce que j'ai vu,  ce n'était pas une commémoration funèbre.
Ce que j'ai vu? Un spectacle rodé au quart de tour, comme seul on sait en faire à Hollywood. Un show appuyé sur une organisation à l'Américaine: une machine de guerre du showbusiness qui se déploie une semaine et qui est capable d'aveugler de paillettes des centaines de millions de personnes dans le monde.  Ce sont les médias qui parlent de centaines de millions. Me semble que ça fait beaucoup. Enfin!


Remarquez, je n'étais pas sur place. Peut-être que là-bas, au Staples Center, ses alentours et dans le centre ville de Los Angeles l'émotion était davantage palpable. Or, dans mon salon, il y avait ce foutu écran qui, comme il se doit, faisait écran.

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Je doute, parce qu'il m'est arrivé de couvrir dans mon autre vie quelques funérailles et non des moindres, je crois: Lady Di, Jean-Paul II.

Juste ces deux-là déjà, croyez-moi, c'était assez pour vous foutre en l'air pendant quelques jours.
 Les fleurs,  les centaines de milliers de bouquets  accompagnés d'autant de témoignages qui , encore un peu plus ensevelissaient le Palais de Lexington. Les cortèges funèbres, la proximité de tous ces humains,  britanniques et étrangers, qui suivaient, regardaient, pleuraient leur princesse. Ç'a duré six jours, six journées, six soirées, six nuits.

Et le pape, lui; la Place Saint-Pierre qui vibrait. C'était le recueillement, je crois, qui donnait l'impression d'une vibration perpétuelle. Je ne fais pas de blague. Le recuillement de dizaines, de centaines de milliers de croyants.  Tous ces gens qui attendaient pour voir la dépouille et rendre un dernier hommage au pontife.

Il faisait chaud.  je me souviens. On était pourtant qu'au mois d'avril. Et les fidèles venus de partout, d'Italie, bien sûr, de France, d'Espagne et même en bus de Pologne, un voyage interminable, tous ces gens, dis-je, faisaient la queue pendant des heures sous un soleil de plomb.
À Kensington aussi, il faisait chaud. Or, là, c'était septembre. Un mois de septembre qui avait oublié qu'il était à Londres.


Dans ces deux cas, comme pour Michael, il y avait les curieux, les croyants, les adorateurs, les fidèles, les fans, il y avait tout ça, mais ce n'était pas Hollywood. Ce n'était pas un show. La télé pourtant était omniprésente, mais ce n'était pas un show. Non!

Pas de vedette qui défilait, comme hier au Staples Center. Pas de chanteur, pas de chanson. Pas de projection. Je sais: «There's no business like showbusiness». Et semble-t-il que ce serait Michael lui-même qui souhaitait cet hommage spectacle. Cette fête, oui cette fête, parce que même s'il y eut ici et là quelques larmes versées, quelques sermons de prédicateurs enflammés, quelques élans d'amour, c'était d'abord et avant tout un dernier grand numéro. 

Michael Jackson sera mort mieux qu'il n'aura vécu les dernières années de sa vie. Et ses funérailles, selon ses propres voeux, auront été celles digne  du performer qu'il a été jadis.


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Sérieusement, tout au long de cette cérémonie, j'ai eu l'impression d'assister à une remise des Oscars, à cette différence que le gagnant de tous ces trophées était couché là, devant, dans un cercueil  dont certains ont même eu la grossièreté de dire qu'il était en or et d'en donner le prix.

Or,  je vous mentirais en vous disant que rien ne m'a touché, que rien ne m'a ému.

C'était à la toute fin, quand la famille est montée sur la scène. Marlon a pris la parole et, là, oui là,  j'ai senti la peine d'un frère capable, dans son désespoir, de demander  à Michael, une fois de l'autre côté, d'étreindre pour lui son jumeau mort il y a longtemps.  J'ai vu un frère pleurer.

Et il y a eu Paris, la petite fille de 11 ans de Michael Jackson, belle comme un coeur, qu'on n'avait jamais entendue, qui a pris maladroitement le micro pour ne dire qu'une seule phrase: «Depuis que je suis née, papa a été le meilleur papa qu'on puisse imaginer; je l'aime».

Tout d'un coup, il n'y avait plus de showbusiness, plus de spectacle, juste la douleur profonde d'une enfant qui a perdu son papa. Paris a fondu en larmes.

Tout d'une coup, dis-je, après des heures de fla-fla, grâce à la simplicité d'une toute petite fille, l'humanité s'est enfin manifestée. 

2 commentaires:

Mes Lectures: Le Blogue @ com a dit…

J'ai trouvé moi aussi que c'était assez froid comme cérémonie. Brook Shield était la plus émue, quand on sait qu'elle aussi a eu une mère aussi spéciale que le père de Michael. Son frère qui a raconté qu'il avait reconnu Michael déguisé, dans un magasin de cd, la petite Paris, et la finale les 2 chansons chantées par les enfants; touchant parce qu'on a cette fois rendu hommage à l'HOMME, au chanteur, et à l'artiste qu'il était.

Lait_ou_creme a dit…

C'est drôle, on disait exactement le contraire ce matin à la radio, pas ton émission, mais une émission concurrente. ABC ne savait pas ce qui allait se passer. Il n'y avait pas de plan paraît-il.

Et pour l'émotion, je regrette mais j'en ai ressenti de l'émotion. Il y en avait dans tous les témoignages. Si certains t'ont touché plus que d'autres, cela ne veut pas dire que les autres n'étaient pas autant émouvant.

J'ai bien aimé Sonia Benezra qui a pris la peine de souligner qu'il écrivait aussi des paroles de chansons, et que si on prêtait attention, on pouvait constater qu'il avait quelque chose à dire.

Moi, je n'ai pas acheté ce que véhiculait cette presse à potins, cette bullshit, j'en ai rien à foutre. Et elle va continuer de nous en sortir.