jeudi 11 juin 2009

Un mot de sympathie contre une égratignure...

Je ne l'avais pas encore lue,  cette lettre. J'étais absent, je crois, quand elle a été publiée dans les journaux. 

Je me sens d'autant plus mal de ne pas l'avoir lue avant, que ce papa merveilleux dont parle Annie, la maman,  l'auteure de cette missive, est un ami. Oui, un ami, même si je on ne va pas manger l'un chez l'autre, même si on ne sort pas ensemble, même si nos familles ne se fréquentent pas, même si nous n'avons que des liens professionnels.

Or, au fil des ans, pour avoir souvent partagé les mêmes studios, pour avoir beaucoup travaillé ensemble, lui à la réalisation, moi, de l'autre côté de la vitre, pour avoir discuté plus souvent qu'à notre tour, pour avoir parlé toujours trop brièvement de nos  enfants, pour avoir suivi ses conseils, pour avoir rigolé de notre origine commune, il est devenu un ami. Bruno est devenu un ami.

Je sais depuis un moment déjà l'épreuve qu'il traverse et je l'admire pour sa dignité dans la douleur, pour sa réserve, pour la confiance qu'il manifeste et le découragement qu'il ne laisse jamais paraître.

Cette lettre intitulée «L'intolérance aux égratignures» est émouvante de sincérité et quiconque a ou a eu un enfant ne peut rester insensible à la souffrance de ces parents impuissants.

Annie décrit bien, prersque trop bien le mal intérieur, et la bêtise extérieure, même innocente.
Trop bien cet insupportable sentiment: la culpabilité.
Trop bien l'amour qu'elle porte à son clan.
C'est un cri que de loin, très très loin, on entend.


Comme cette lettre mérite d'être lue, encore et encore, je la reproduis ici. 

J'espère que mon ami et qu'Annie qu'on a envie de prendre dans nos bras,  ne m'en voudront pas.

L'intolérance aux égratignures 

Ce matin, c'est un matin de larmes. L'optimisme et l'espoir ont laissé la place au découragement. Je sais que ça ne durera pas, que la vie va reprendre le dessus. Il suffit de garder la tête hors de l'eau en attendant une meilleure journée. Mon fils de quatre ans est malade. Ce n'est pas un cancer, sa vie n'est probablement pas en danger, mais son quotidien, de même que celui de son père, de son grand frère et le mien, sont infernaux. Mon fils souffre d'allergies graves et nombreuses, dont la principale conséquence est un eczéma très sévère. Il reçoit une alimentation par gavage pour compenser le fait qu'il ne peut pratiquement rien manger. 

Malgré tous ses sacrifices, les crèmes, les médicaments, la peau de tout son corps est rouge vif, rigide comme du carton et surtout, surtout, couverte de profondes égratignures sanguinolentes, qu'il s'inflige lui-même, dans l'espoir de faire cesser ses atroces démangeaisons. A quatre ans, il vit de grandes douleurs, que rien ne soulage. 

Nous, ses parents, nous carburons à la culpabilité: celle de continuer de travailler malgré la maladie de notre enfant, parce qu'on a besoin des sous, parce que notre propre santé mentale est en jeu; la culpabilité parce qu'on s'est faché à 3h de la nuit, quand on a pas encore fermé l'oeil et que notre petit persiste à se gratter jusqu'au sang; la culpabilité quand on donne un peu plus que la dose prescrite du médicament, dans l'espoir que cette nuit, enfin, il souffre moins, qu'il dorme un peu et nous aussi; la culpabilité de laisser notre enfant jouer à des jeux video pendant des heures parce que quand il a les deux mains sur une manette, il ne se gratte pas; la grande culpabilité de moins s'occuper du grand frère qui a pourtant besoin d'attention lui aussi, la culpabilité de solliciter l'aide des grands-parents plus que de raison parce que le petit ne fréquente presque plus la garderie.

Hier, mon chum et moi avons passé, une fois de plus, l'après-midi à l'hôpital Sainte-Justine avec notre fils. En revenant dans le stationnement, un peu abattus par notre rencontre avec le médecin, nous avons trouvé une note sur le pare-brise. « La prochaine fois, faites attention en vous stationnant. Vous étiez si proche de mon auto que vous avez égratigné mon bumper. Quand on ne sait pas conduire, on s'abstient » C'était signé Caroline. 

C'est tout bête comme note. Mon chum l'a lue et n'en a pas fait de cas, l'a lancée au fond de la voiture. Moi, j'ai été blessée. Blessée par le manque de tolérance, par l'emportement pour une égratignure sur un pare-chocs. Dans le stationnement d'un hôpital pour enfants, où le conducteur fautif vient peut-être de se faire dire que sa fille est bel et bien sourde, que son fils ne pourra plus jamais marcher ou, plus simplement, qu'il vient de passer huit heures à l'urgence avec un bébé fièvreux qui souffre de sa première otite carabinée. 

Blessée surtout par l'absence de doute, par la déclaration à l'emporte-pièce. Quand on ne sait pas conduire, on s'abstient. Mon chum est un super bon conducteur. Respectueux surtout. Il s'assure de la sécurité de tous, laisse passer les piétons, n'est jamais agressif envers les autres conducteurs, si imprudents soient-ils. 

C'est tout bête, mais ça m'a peinée. Je sais, j'ai les émotions à fleur de peau ces temps-ci. Je pleure en écrivant ces lignes, c'est vous dire...Peinée par un monde qui ne tolère pas une égratignure sur un pare-chocs, qui en déduit immédiatement que le fautif est un imbécile, à qui l'on devrait interdire de conduire, qui, à la limite, ne devrait même pas avoir le droit d'exister, tellement il est stupide. 

Moi aussi, j'avais envie de lui dire qu'elle était une imbécile, à cette Caroline. J'ai repris la note, en y cherchant des fautes d'accord, de conjugaison. J'aurais aimé pouvoir lui lancer « Quand on ne sait pas écrire, on s'abstient » Mais aucune erreur à signaler, vraiment, sauf le bumper (mais on reconnaît tous que dire bumper quand on est fâché, ça libère plus que pare-chocs, comme un bon tabarnac fait plus de bien que zut, par exemple). J'avais envie d'en découdre avec elle, mais la lâche n'avait même pas laissé de numéro de téléphone... J'avais envie qu'elle se sente coupable d'avoir insulté des gens déjà à terre à cause de tourments qu'on ne souhaite à personne, même pas aux imbéciles qui ont un permis de conduire. Je la voulais honteuse d'avoir injustement ajouté à ma peine en étant mesquine à l'endroit de mon amoureux, du merveilleux père de mes enfants.

Puis, je me suis rendue compte que j'avais juste envie que Caroline connaisse ma peine, qu'elle comprenne peut-être la distraction de mon chum, qu'elle accorde le bénéfice du doute au prochain humain qui cabossera sa portière ou qui freinera trop brusquement devant elle. 

Pour ma part, des égratignures sur mon pare-chocs, j'en prendrais des centaines. Ce sont celles sur les jambes de mon petit que je ne supporte plus.

Annie Noël de Tilly





mercredi 10 juin 2009

Tu vuo' fa' l'Americano




C'est comme ça que les Italiens doivent voir la chose. Je les connais les Italiens, ils doivent se péter les bretelles depuis l'annonce officielle du rachat des actifs de Chrysler par Fiat. C'est comme David tirant la barbichette à Goliath. Comme le ouistiti qui fait un bras d'honneur au gorille. C'est l'Europe qui fait un pied de nez à l'Amérique. Ils doivent rire dans leur barbe, les Ritals.

Tournez ça comme vous voulez, ils y voient une revanche. Sûr. L'Italie a toujours entretenu une relation amour-haine avec l'Amérique. Toujours. En tout cas, depuis au moins la fin du XIXe ou le début du XXe siècle, depuis les premières vagues d'immigration, depuis la naissance du rêve américain.

Et pis là, la balloune a pété. L'Amérique est ébranlée dans ses croyances les plus profondes, celles du dieu dollar. En plus, l'automobile, symbole géant de la richesse de cette Amérique «toute puissante», de sa force et de son pouvoir plie l'échine pour la première fois.

Dans ma tête et dans celle de bien du monde, Fiat, c'est d'abord la 500, le Topolino, le petit rat, le «pot de yaourt» comme l'ont surnommé les Français. 

Fin 1940, début des années 1950, Fiat cherchait à construire la plus petite voiture du monde.
Fiat a réussi en '57. Et elle l'a fabriquée pendant des années, presque 20 ans. Et là,  Fiat arrive avec sa technologie et sa mascotte pour sauver Chrysler. C'est la charge de la cavalerie des cinque cento.

C'est ça la revanche: dans la tête de l'Italien  et peut-être aussi un peu dans celle de Marchionne, président de la Fiat, qui rêve de voir celle qui fut  la plus petite automobile du monde pendant longtemps   envahir les rues, les autoroutes et les boulevards où, pendant des décennies, les culs à l'Américaine des plus grosses bagnoles, se sont dandinés.

Et maintenant la cinque cento pourra chanter:




mardi 9 juin 2009

Pourquoi faire simple quand...

...on peut faire compliqué.

Ce débat sur des télécabines qui relieraient la Rive Sud au Vieux-Port. Génial, non. D'abord ces oeufs qui survoleraient le fleuve, qui nous mèneraient de Saint-Lambert à l'ïle, qui transporteraient jusqu'à 5000 personnes par heure.

Il est où le problème?


La Société du Vieux Port refuse d'accueillir le projet sur son territoire. Pourquoi? Dites, pourquoi? Il est où le problème.

Chouette pour les locaux! Chouette pour les touristes! Parfaitement adapté à notre climat. C'est pas laid. Plutôt vert comme exercice. L'expérience a fait ses preuves dans des centaines de villes du  monde. Comment n'y a-t-on pas pensé avant?

Il est où le problème, hein? Il est où? 

Ça mérite au moins qu'on se penche sérieusement sur le projet plutôt que de le bouder sans raison, non?

Putain qu'on est compliqué des fois. 



lundi 8 juin 2009

Avec la langue...


Parler ou ne pas parler anglais?
Être ou ne pas être bilingue quand on aspire à devenir maire de Montréal? Ou maire d'une autre ville? Ou qu'on vise à occuper une fonction publique?

On discute le coup en ce moment autour de Louise Harel qui ne pipe mot en anglais. Elle baragouine, disons. On a déjà connu ce même genre de débat au sujet de Madame Marois.

C'est vrai, j'en conviens, Monsieur Duceppe a raison. On se pose rarement la question quand il s'agit du maire d'Ottawa ou d'une autre ville du Canada en dépit des édits sur les langues officielles.

Or, la question n'est pas là ou plutôt, si, elle est là, partout, dès qu'il s'agit d'occuper un poste d'élu. Que ce soit madame Harel ou un autre.

Il se trouve que parler anglais, même au Québec, n'est pas une tare. Une confusion s'est installée au fil des ans et on s'est mis à confondre une loi 101 qui vise à protéger une langue fragilisée par l'environnement où elle survit avec la pratique d'autres idiomes. Or, ça n'a rien à voir.

Parler une langue et la parler correctement c'est bien. Mais en parler deux, ou trois, quatre ou plus encore, c'est mieux. Surtout à une époque d'ouverture comme celle à laquelle nous vivons. Il est question ici, non plus de politique, mais de culture. Et n'est-il pas normal qu'on attende de nos élus qu'ils possèdent un minimum de connaissances générales.

Qu'on soit souverainiste, indépendantiste, n'a rien à voir avec la maîtrise de l'anglais. C'est du savoir qu'il est question ici et le savoir est un atout.

La langue, peu importe laquelle, n'est pas seulement un outil de communication verbale. La langue est la clé qui permet d'accéder aux cultures du monde et de les décoder, qui permet d'en comprendre les subtilités; et la langue reste le chemin le plus court pour accéder à l'âme du peuple qui la pratique.

Quand un journal comme The Gazette dénonce l'unilinguisme d'une madame Harel, il le fait pour les mauvaises raisons. Il attaque pour des raisons politiques. C'est une erreur.

* * *

Est-ce que je vous ai dit que jusqu'à l'âge de trois ans, je ne parlais qu'italien. Normal. J'avais peu de contact encore avec l'extérieur et mon univers se limitait à ma famille d'immigrants.

Et puis, j'ai commencé à fréquenter les voisins, les gamins de la rue, à jouer dehors avec eux. Ils m'ont appris le français, les codes de cette société dans laquelle j'étais né, mais que je connaissais pas encore. Puis vinrent l'école et les études.

Tranquillement, mais sûrement j'étais de là où j'étais et non plus de là où venait mes parents. Le français est devenu ma langue «naturelle», celle qui, peu à peu, a supplanté ma langue maternelle. Dehors, bien sûr, à l'école comme dans la rue, je parlais français, je jouais en français, j'apprenais en français. Même à la maison, avec ma soeur et aussi avec ma mère, le français était la langue d'usage.

Un seul gardait le fort de sa culture, même s'il parlait lui aussi français. C'était papa. Quand on s'asseyait à table, tous les soirs, il arrêtait nos échanges de plus en plus évidents dans la langue de Molière pour imposer celle de Dante.

«Ici, à table, disait-il, on parle italien».

C'était la manière qu'il avait trouvé pour garder contact avec nous, bien sûr, mais aussi avec ses racines. La seule manière pour faire le point entre sa famille et celle de ses aïeux. La seule manière qu'il avait trouvé pour nous apprendre, pour nous faire comprendre, malgré son économie de parole -papa comme bien des papas de sa génération parlait peu- d'où il venait, d'où on venait. La seule façon qu'il avait trouvé pour nous communiquer cette culture qui nous servait d'appui.

Je parlais donc français; j'ai appris l'anglais, puis l'espagnol, mais l'Italien m'est resté, toujours.

À l'adolescence, quand pour la première fois j'ai mis le pied en Italie, tout de suite, même si je n'y étais jamais allé auparavant, je me suis senti chez moi. Non seulement, je comprenais ce qu'on me disait, mais je comprenais ce qu'on faisait dans le quotidien, je comprenais les habitudes, j'adhérais à la culture. Je marchais dans la rue et je me reconnaissais dans les yeux et dans les mots des autres.

Sans la langue, j'aurais été l'étranger.












samedi 6 juin 2009

I believe I can kiss de sky...


Guy Laliberté s'en va en orbite.

Guy Laliberté a une fortune évaluée à 2,5 milliards selon je ne sais plus quel magazine «profond» qui fait ce genre de recensement. Au fait, j'sais pas si c'est le même magazine qui nous a annoncé que Angelina Joli avait surclassé Oprah  dans le monde de riches et célèbres?

Bref, Guy Laliberté paie combien,  35, 40 millions pour flyer?

Guy Laliberté fait couler beaucoup d'encre dont celle de la plume acide  de Martineau qui lui tire tous les cailloux qu'il trouve sur sa route.

Guy Laliberté fait-il ce voyage pour sa fondation One Drop? 

Guy Laliberté y trouve-t-il un quelconque intérêt?

On parle de Guy Laliberté depuis des jours, et alors?

Guy Laliberté a les moyens de rêver plus grand que sa  planète. Après Las Vegas, l'espace. Normal, non?

Et pendant ce temps-là. dans les médias, on respire un peu. Pendant ce temps, pendant qu'on disserte sur le voyage d'un Tintin milliardaire  sur la lune, on ne cause pas de la crise, de la bourse, de la grippe H1N1 dite autrefois porcine, pendant ce temps, dis-je, les médias embarquent dans le rêve spatio-temporel d'un ex-cracheur de feu qui ne s'attendait certes pas à ce que sa vie l'emmène là où il est.

Pendant ce temps dans les médias, on communique la prochaine promenade d'un rêveur solitaire qui doit être bien seul.

Guy Laliberté avait besoin d'un rush. Guy Laliberté va probablement rusher  à sa mesure. Grand bien lui fasse.  See You on Soyouz! Ça ferait un joli titre de film, tiens!

Quant à Péloquin? Ben, c'est Péloquin, xénophobe récemment  et poète depuis longtemps. Surtout grand Poète.

Au fait, comme ça en passant,  je ne connais pas Laliberté, mais Péloquin, lui, oui! C'est lui qui entend l'eau crier, non? Belle image, vous en conviendrez.




jeudi 4 juin 2009

Beyrouth après les bombardements

Dois-je ou plutôt doit-on s'étonner? Louise Harel se présente à la mairie de Montréal. Labonté lui a cédé sa place.
Entre vous et moi, tout ça on le savait déjà. Non? Ce que je veux dire c'est qu'on savait depuis un moment déjà que ça allait arriver.
«Cette ville est ingérable» a déclaré, je crois, madame Harel lors de sa conférence. 

J'ignore si elle est ingérable, mais elle est sens dessus dessous. Quand on y est plongé au quotidien, on ne s'en rend pas très bien compte, mais quand on revient de voyage, ne serait-ce que d'un tout petit voyage, comme celui que j'ai fait à moto au cours des derniers jours, ça nous saute à la gueule.

Pourquoi est-ce que je souligne la moto? Pourquoi? Parce qu'à moto, c'est un peu comme à vélo, on voit, on sent, on remarque et quelquefois on déplore de ne pas vivre à Boston, par exemple.

Pendant ce court périple en Nouvelle-Angleterre, je me suis arrêté à Boston. Ma première réflexion? 
Le Maire Tremblay aurait intérêt à venir voir c'est quoi une jolie ville, accueillante, avec des rues propres; même les ruelles sont impeccables. Et je ne parle pas de l'architecture, de la verdure.
Putain, nous quand on roule dans notre ville, on ne sait plus quoi éviter, les papiers, les nids de poules, les nids d'autruches, les crevasses, les racines qui surgissent du bitume, les bosses sorties d'on ne sait où, les travaux, les cols bleu.... Avez-vous emprunté le Parc Lafontaine ou Amherst récemment? C'est Beyrouth, mais pas le joli Beyrouth avec ses cèdres et tout et tout, Beyrouth après les bombardements...

Faites quelque chose, nom d'une bobinette.

Quoi? Par où commencer?

C'est ça le hic: par où commencer?

vendredi 29 mai 2009

Heureusement qu'il y a Lisbeth


Sans m'étendre: un mot sur «Millénium Le Film».
Beaucoup ont aimé, je sais. Entre autres, mes camarades Dany et Louise de «Je l'ai vu à la radio». 

Personnellement je suis resté sur ma faim, même qu'une semaine après, je suis encore plus déçu qu'à la sortie du visionnement.

Bon, sans tomber dans les détails, je rappelle que  c'est le premier livre qu'on a porté à l'écran, juste le premier. Les deux autres vont suivre.

Bien sûr, comme tout le monde, je voulais voir Lisbeth, voir comment on avait casté ce personnage aussi fantasque qu'attachant, cette street-wise-girl, maigre, musclée, tatouée, percée de partout, hacker de grand niveau, bi-sexuelle et qui sentait le cul, autant à travers sa combinaison de moto qu'à travers  les pages du roman de Larson.






Pas compliqué, Millénium, c'est d'abord et surtout elle. Plus même que le journaliste Blomqvist, le héros.

Eh! Bien! Noomi Rapace, cette actrice sortie pour nous, nord-américain, de nulle part, est devenue pour  les besoins du cinéma Lisbeth Salander. Même si on a quelques hésitations au début, elle devient vite le personnage dont la particulière beauté n'a d'égal que ses profondes blessures intérieures. Heureusement d'ailleurs parce que sinon, je n'aurais pas plongé.

Ah! oui! vous dire quand même que, même si les romans de Larsson ne sont pas de la grande littérature, ils n'en restent pas moins de véritables «page turner». Une fois commencé, je n'ai pas pu décrocher.  Comme 10 000 000 de lecteurs finalement. Je bouquinais partout, en vacances, à la plage, dans la chambre, aux chiottes, partout je vous dis. Or, j'étais davantage accro au destin de Lisbeth qu'aux enquêtes. Même que secrètement, je crois, j'en étais tombé un peu amoureux. C'est génial de fantasmer et flasher sur une héroïne de roman, on sait au moins qu'elle ne vous collera pas une MTS et encore moins ne bouleversera votre vie de petit bourgeois.

Dans cette littérature pour le moins populaire tout est emballé d'intrigues, de décors et beaucoup de personnages secondaires, ma foi fort important, puisqu'ils sont le liens de tout ce maillotage, et que c'est grâce à eux qu'on finit par comprendre la Suède, société plutôt particulière en son genre.

Or, dans «Millenium le film», ces personnages secondaires sont pour le moins absents. S'ils ne le sont pas complètement, ils n'occupent guère la place que leur avait réservé l'auteur.

 On a passé au bistouri quelques aventures amoureuses pourtant fort révélatrices du caractère des personnages principaux. On  a coupé court à quelques intrigues d'arrière-plan, comme celle, par exemple,  qui mène Super-Blomqvist de cette petite île de Suède jusqu'au fin fond de l'Australie.

Aussi, dans cette tartine qui dure 2h20 minutes, scénariste et réalisateur ont escamoté pour des raisons dramatiques, diront-ils, des pans  de l'intrigue pourtant important pour la suite des choses. Surtout vers la fin, on sent que tout se précipite, que ça se bouscule aux portillons.

Dommage!

Oui, dommage parce que ça m'a laissé insatisfait. J'suis sorti du cinéma un peu fru en me disant que, comme la littérature de Larsson en était une de genre, on aurait eu avantage à récupérer toute la dramatique de son formidable récit pour en faire... je ne sais pas moi... une excellente série télé?