Attendez, Bernard Madoff a 71 ans et il est condamné à 150 de prison.
71 + 150= 221.
Quoi? 221 ans?
Admettons qu'il purge 85% de sa peine. Ça fait quand même... stop que je calcule: 127,5 ans.
Alors, 71 + 127,5= 198,5 ans.
S'il devait tenir bon, il aurait alors presque 200 ans.
Bon, je veux bien croire que ce monsieur pour qui il est difficile d'éprouver une quelconque sympathie, je veux bien croire, dis-je, que celui qu'on qualifie désormais de «plus grand voleur de l'histoire de l'univers» en dérobant quelque chose comme 63 milliards de dolllars, ou un peu moins, ou encore un peu plus, bref que ce monsieur à qui on a confisqué des biens à hauteur de 170 milliards, je veux bien croire, dis-je encore, que ce monsieur Madoff sache un tantinet compter.
Or, quand la sentence est tombée, quand le « 150 ans de réclusion» a résonné dans ses oreilles, a-t-il tout de suite calculé? Qu'est-ce qui s'est passé dans sa tête? Est-ce qu'il a posé son neuf ou fait une règle de trois?
Est-ce qu'il a eu un petit vertige? Ou s'est-il dit comme Proust: «Au coeur du temps lui-même surgit l'éternité».
En tout cas, pour cet homme, le sablier vient de se retourner et le sable, lui, recommence à s'écouler. Sa vie a basculé. Pour 150 ans de plus...sans se plaindre. Même s'il ne les vivra pas. Même si cette peine a toutes les allures d'une condamnation à mort lente où le temps, eh! oui! le temps! Encore le temps! Toujours, le temps! lui permettra de retrouver chaque plaisir, mais aussi chaque douleur du passé, mais aussi du présent.
En fait, à dire vrai, cet homme, pour ce qui lui reste à vivre, sera confiné, prisonnier du seul et unique présent. Il fera son temps, 10, 15, 20 ans peut-être, le seul temps à sa portée, et il mourra.
Depuis, le prononcé de la sentence, il sait qu'il ne crèvera pas demain, mais que ça y est déjà,il est mort, là, maintenant.
Samedi, je suis allé aux noces, comme on disait avant. Et comme il se doit, la veille, le marié est allé dormir ailleurs et la mariée, elle, a papoté avec ses filles d'honneur jusqu'au petit matin autour de la table de la cuisine, à moins que ce ne soit celle du salon.
Quelques heures de sommeil, Et puis, hop! maquilleuse et coiffeuse ont débarqué, on a sorti les rouleaux, les pinceaux, le séchoir, le verni à ongles et, c'était parti; Viva Barbie!, mais pour vrai, cette fois-ci.
Pour l'élu, c'est chez l'ami et avec des amis que ça s'est passé, pas de Barbie, même pas de passage, pas de verni, c'était l'attente tranquille. Et tant qu'à attendre pourquoi ne pas jouer à guitar Hero. L'Homme, même à quelques heures d'unir sa destinée à celle de la femme qu'il aime, reste un enfant.
Comment je sais? J'y étais. En ce samedi matin pluvieux, j'ai d'abord déposé Principessa chez les Barbies pour qu'elle s'amuse un peu elle aussi à jouer à la dame. Et comme je n'avais rien d'un futur marié puisque je suis, dans ce domaine, une relique, du passé, j'ai eu le droit d'entrer dans le sérail. Assis dans les escaliers, le temps d'un café, j'ai regardé pendant un moment la féminité et le bonheur se préparer.
C'est après, que j'ai rejoint les copains. Là aussi, j'ai bien regardé. Paraît que ce que j'ai vu s'appelle virilité.
Une cérémonie géniale qui devait avoir lieu au milieu du parc, près de l'étang, mais voilà, il faisait un temps de cul, un temps de canard. D'ailleurs de la terrasse couverte où nous étions et où les amoureux ont prononcé leurs voeux, on pouvait les voir, les canards. Ils ne dansaient pas encore, la journée était jeune. Non, ils pataugeaient.
Bon, je passe sur les détails, mais ça s'est fini tard, tard, tard...
Évidemment, la mariée aurait rêvé d'une journée pleine de soleil. Raté, mais comme on dit pour se rattraper «mariage pluvieux, mariage heureux».
En fait, le ciel ne savait pas très bien où il allait. À Météomédia, ce matin-là, apparaissait simultanément trois icones: l'éclair, le soleil, le nuage. Allez y comprendre quelque chose.
Ce qui fît dire au marié un peu impatienté: coudon', c'est-tu moi qui dois choisir?
Ça m'a fait rigoler.
Ce qui m'a fait rigoler aussi, c'est la réaction d'une ou deux personnes à qui j'ai dit, hier, que j'étais allé aux noces.
-Y encore des gens qui se marient?
-Euh! Oui!
Quelques heures plus tard, une des deux personnes revient sur la chose.
-Ils avaient quel âge, au fait, les mariés?
-Lui, 36 et elle 30, je crois.
-Pourquoi se marier, me dit-elle?
-Ben, parce qu'il y a des gens qui veulent juste célébrer leur amour, juste ça..
-Ah! c'est vrai, j'avais comme oublié cet aspect-là.
Et sur ces sages paroles, la sceptique s'est éloignée.
Rien à dire sur la mort de Michael Jackson sinon que ce n'est pas son talent -énorme, j'insiste- qui l'a tué.
La nouvelle de sa mort est tombée comme une bombe, j'ai senti la secousse, mais je ne me suis pas effondré. Pourtant, "Thriller» et «Bad» étaient à leur façon de petits chef-d'oeuvres.
Je l'ai aussi vu sur scène. C'était au stade en 1984. Un stade tellement grand, une scène tellement immense et tellement de monde. Est-ce ce qui, ce soir-là, faisait de ce géant de la musique, un être minuscule qu'on avait peine à voir.
Il y avait déséquilibre entre l'homme et l'artiste, le second a tant caché le premier qu'il s'est perdu dans les méandres d'une folie dévastatrice. Trop longtemps, il n'y a plus eu d'homme, plus d'artiste, il n'y eut qu'une bête de cirque.
L'annonce de sa mort n'a pas eu sur moi l'impact ressenti à la disparition de Lennon. Ni même d'Elvis. Pourquoi, croyez-vous? Je vous le demande puisque, personnellement, ça fait une journée que je me pose la question. Je n'ai pas été de la génération MTV, m'a répondu quelqu'un. P't-être, bien!
Un homme est mort, c'est triste. Un artiste est mort, plus triste encore? Et si comme dans «L'écume des jours», au fil des ans, un nénuphar poussant dans ses poumons avait étouffé à jamais son coeur et ses battements?
Ça fait un moment que je n'ai pas écrit. Trop de choses à penser, à faire, les enfants qui ont fini l'ècole, la gamine qui a eu son bal de fin de primaire. Ça, c'est en attendant le bal de fin de secondaire, puis celui de fin de Cegep. Bientôt, je vous le prédis, y aura aussi un bal de finissants en garderie pour ceux, bien sûr, qui auront réussi leur examen de blocs du ministère.
Quoi encore? La saison régulière de «Je l'ai vu a la radio» a pris fin samedi dernier. Lundi, c'était le début de «C'est bien meilleur le matin», version estivale. Un petit coucou aussi à ''Bon Baiser de France''. À moins que ce soit ''Bonsss Baisersss de France'' avec plein de S à baisers . C'était sympa.
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Ah! oui! Et la Fête Nationale dans tout ça. J'oubliais. Que de discussions! L'autre Saint-Jean ou pas l'autre Saint-Jean. Finalement, d'ailleurs, ça s'est plutôt bien passé le 23 au Parc Pélican. Quelques gueulantes isolées et rien de plus. C'est pas nous ça?
Quant au spectacle du Parc Maisonneuve, paraît que ça déménageait. Je dis ''paraît'' parce que je n'ai lu que les critiques. Moi, pendant ce temps-la, c'était dodo pour être sur le piton en studio, dès 5h30 au petit matin, frais comme une rose. Ben! Oui!, une rose. Ça vous étonne, hein! Moi-aussi, un peu! Et si je n'avais-je de la rose que les épines, qu'en savez-vous?
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Je déconne. Toutefois, plus sérieusement, y a un truc qui m'a pompé l'air autour de la Fête de cette année: cette obsessive quête ''d'identité nationale''. Que cherche-t-on, au juste? Une définition toute faite, passe-partout, un sceau d'approbation? Allons, donc!
Fête ou pas fête, politique ou pas politique, indépendance ou non, tournez ça comme vous voulez, nous sommes ce que nous sommes: Québécois. Avec nos qualités de peuple et nos défauts de peuple aussi. Des êtres un peu différents des autres sur ce continent, certes. Plus confus, sans aucun doute. Or, y a rien à chercher. Comme chantait l'autre: ''on est comme on est, on est beau, on est laid, comme le bon dieu nous a fait''. Et vous pouvez rayer le ''bon dieu'', je ne m'offusquerai guère.
On dirait attendre qu'une réponse nous tombe du ciel et, avec la réponse, un costar taillé sur mesure qui n'aurait besoin d'aucune retouche sinon une toute petite à l'ourlet de la tolérance ici, et à celui de l'acceptation, là. Mais , c'est pas comme ça que ça se passe.
C'est bien de se préoccuper des autres, de tous les autres, de ceux qui choisissent de gré, de force ou par résignation cette terre pour en faire la leur; bien aussi le respect d'autrui, des coutumes, des rites. Bien l'accueil. Bien le métissage. Tout ça on l'a déjà.
Mais ça ne serait pas mal non plus qu'on se respecte et se tolère soi-même, qu'on passe devant une glace en n'ayant crainte de se regarder et en ne se trouvant pas si moche en dépit de nos petits défauts, notre cellulite sociale, nos poignées d'amour citoyennes et nos complexes de fausse infériorité. L'imperfection a son charme, vous savez. On ne nous en aimerait que davantage.
Voudrions nous être Américains? Gros gras devant comme derrière? Français, alors? Chauvin ou mieux râleur? Ou Italiens? Des rouleurs de mécaniques, convaincus d'avoir inventé, à tort d'ailleurs, la pizza et la poudre de perlin-pimpin?
Faut arrêter de gratter au sang l'urticaire de notre identité nationale. Peuple nous sommes et, désormais, puisque certains ont osé reconnaître la ''Nation'', nous aurons comme l'a si bien dit Guy A. l'autre soir: ''Le Québec que nous mériterons''. Peu importe la langue, l'origine, l'horizon...
Juste le Québec que nous mériterons. Avec le quotidien, les responsabilités, et les privilèges qui suivront. Comme il y a des accélérations, il y a aussi des ralentis. Or, on ne peut freiner le souffle du vent, ni empêcher l'eau des rivières de trouver un jour l'océan.
''Le Québec que nous mériterons...'' . Rappelons-nous!
D'abord, merci à tous ceux qui m'ont donné quelques pistes pour accéder à une liste de blogues. J'y suis pas encore totalement arrivé, mais ça vient. Faudrait pondre un bouquin: Blogue pour les Nuls!
Et s'il faut un cobaye pour illustrer, j'en suis.
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Deuxio: J'ai été invité cette semaine à l'émission «Des kiwis et des hommes». La matinée était superbe. Une vraie journée d'été. J'étais un peu en avance, je me suis donc arrêté au Café Italia. Après tout, n'est-ce pas à deux enjambées du Marché Jean-Talon.
Je n'y étais pas allé depuis longtemps. Disons que ce n'est plus tellement mon circuit. Reste que le Café n'a pas changé, ni les odeurs, ni les types qui discutent au bar, ni ceux, plus vieux, retraités, qui refont le monde à table, qui parlent politique, qui s'engueulent et qui repartent, l'air de rien, en se disant: a domani. Et le lendemain, ça recommence.
Et puis, il y a toujours cette bellissima Signora derrière le bar. Elle est la preuve que Dieu existe et que ni la beauté ni la féminité n'ont d'âge.
On y sert encore un des meilleurs, sinon le meilleur café de la ville. Certains prétendent que c'est l'eau. Bref, à chaque fois que je m'arrête dans ce local aux allures modestes, je revoie mon enfance défiler sous mes yeux.
Et quand j'y vais, comme si j'y étais, je revis ces dimanches matin. La promenade, le tour des Cafés: le Genova, celui dello Sporto et on atterrissait toujours au Café Italia.
Toujours tous les deux seuls, lui grand, moi petit.
Au lever déjà on se préparait. Après sa douche, papa s'habillait en costar, chemise blanche, cravate: une carte de mode, papa. Et moi, je me déguisais en petit homme prêt à le suivre dans sa randonnée dominicale. On n'allait pas à la messe, on préférait le bistro et le nectar de pêche.
Au retour, il y avait toujours une halte à la pasticceria Alati, cette patisserie bien installée juste devant l'Église Notre-Dame-de-la-Défense et sa fresque du Duce au plafond.
Papa achetait des gâteaux, des cannoli. Et après cette sortie d'hommes, on rentrait tranquillement à la maison.
Je m'égare. Je voulais simplement vous dire que j'avais passé un excellent moment aux Kiwis, en compagnie de Francis Reddy et Boucar Diouf. Le Marché Jean-Talon, lui, a beaucoup changé. Ce n'est plus celui de mon enfance, mais j'y aurais passé la journée. J'ai adoré.
Aussi, grosses bises à Francis et Boucar pour ce bon moment. Et n'allez pas croire, dans cette vie et dans ce métier si étrange parfois, les petits moments de bonheur ne sont pas si fréquents.
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Tertio: Je suis allé voir ce qu'on dit déjà être le film de l'été: «de père en flics» avec Michel Côté et Louis-José Houde. Je dis Côté et Houde, mais il y a aussi tout le bottin de l'UDA. J'ai rigolé. Voilà tout ce que je dirai pour le moment parce que le long métrage ne prend l'affiche que la semaine prochaine. On va pas brûler les punches quand même.
Une chose cependant, je ne sais pas qui a eu le flash, mais Michel et Louis-José pourraient vraiment être père et fils. Ils se ressemblent. Deux comiques qui n'ont même pas besoin d'ouvrir la bouche.
Putain, je vais perdre tous mes cheveux! Est-ce que quelqu'un peut m'expliquer comment ajouter la liste des Blogues que je consulte à ma page d'accueil. Au secours!
Le Journal de Montréal ne sera plus jamais ce qu'il a été. Fin du commentaire.
Le National Post ne publiera plus les lundis.
La Presse...fini...exit les dimanches, vient-on d'apprendre il y a quelques heures.
Ai-je vécu les dernières années du journalisme écrit, celui sur une feuille de choux, celui qu'on lit sur le coin d'une table de cuisine, dans un café, dans l'autobus ou le métro? Ai-je vécu la fin?
Ai-je eu cette chance, dites-moi, celle de caresser les vieilles Underwood, de connaître les premiers ordi Tandy, de découvrir Apple et ses Mac portables?
Je me souviens de mes premières années dans le métier, ce n'était pourtant pas il y a si longtemps. Les reportages à l'étranger, des textes qu'on écrivait dans des chambres d'hôtels exiguës dotées de téléphones archaïques...Allô, ici la France... Et la course jusqu'au premier bélinographe pour que le Journal reçoive à temps un texte venu de si loin, voire, souvent, de pas si loin que ça.
Tout allé si vite. Trop vite peut-être.
Sérieusement, je ne sais trop quoi penser.
Or, c'est vrai, j'oubliais, on ne peut pas être et avoir été...
Et lui ne l'a-t-il pas chanté aussi ? Voilà donc la fin, version Ferré.