mercredi 17 juin 2009
Au secours!
Putain, je vais perdre tous mes cheveux! Est-ce que quelqu'un peut m'expliquer comment ajouter la liste des Blogues que je consulte à ma page d'accueil. Au secours!
mardi 16 juin 2009
La fin--------
Le Journal de Montréal ne sera plus jamais ce qu'il a été. Fin du commentaire.
Le National Post ne publiera plus les lundis.
La Presse...fini...exit les dimanches, vient-on d'apprendre il y a quelques heures.
Ai-je vécu les dernières années du journalisme écrit, celui sur une feuille de choux, celui qu'on lit sur le coin d'une table de cuisine, dans un café, dans l'autobus ou le métro? Ai-je vécu la fin?
Ai-je eu cette chance, dites-moi, celle de caresser les vieilles Underwood, de connaître les premiers ordi Tandy, de découvrir Apple et ses Mac portables?
Je me souviens de mes premières années dans le métier, ce n'était pourtant pas il y a si longtemps. Les reportages à l'étranger, des textes qu'on écrivait dans des chambres d'hôtels exiguës dotées de téléphones archaïques...Allô, ici la France... Et la course jusqu'au premier bélinographe pour que le Journal reçoive à temps un texte venu de si loin, voire, souvent, de pas si loin que ça.
Tout allé si vite. Trop vite peut-être.
Sérieusement, je ne sais trop quoi penser.
Or, c'est vrai, j'oubliais, on ne peut pas être et avoir été...
Et lui ne l'a-t-il pas chanté aussi ? Voilà donc la fin, version Ferré.
lundi 15 juin 2009
Faut se rappeler, mais...
Ridicule cette histoire de «L'Autre St-Jean».
Et dieu sait que, depuis quelques jours, l'encre a coulé, que les toges ont volé, que les radios ont alimenté leurs tribunes et que l'information en a fait ses choux gras. Même la ministre St-Pierre s'est indignée et et y est allée d'une déclaration nationale. Normal, direz-vous, pour une fête tout aussi nationale.
Et tout ça, parce que deux formations musicales originaires de Montréal vont, dans le cadre du spectacle offert le 23 juin dans Rosemont, chanter en anglais quelques minutes.
Prenez ça par le bout que vous voulez, on capote-là.
D'abord, depuis longtemps déjà, l'unilinguisme français n'est plus l'apanage des spectacles gros et petits de la fête nationale. De la même manière qu'il n'y a plus d'échauffourées lors des défilés et qu'on a enterré définitivement la Saint-Jean-Baptiste, fête des canadiens-français catholiques, en 1968.
D'ailleurs sans cette émeute sur la rue Sherbrooke, devant l'estrade sur laquelle «trônait» un Trudeau déjà conspué qui niait la nation québécoise et qui, le lendemain, devenait Premier Ministre du Canada, il n'y aurait jamais eu de fête nationale. Sans Bourgault, sans 292 arrestations, sans 123 blessés dont 42 policiers, sans, en somme, ce «lundi de la matraque», il y aurait toujours un petit Saint-Jean Baptiste grimpé sur un char allégorique.
Faut se le rappeler quand même: sans la langue, il n'y avait pas de spécificité québécoise. Sans la langue, il n'y aurait donc pas eu de mouvement d'indépendance. On se battait alors pour la reconnaissance de cette langue avec tout ce que cela entrainait. Une reconnaissance qui est arrivée des années plus tard, en 1977, avec une loi qui a fait du français, la langue officielle de l'État Québécois, «la langue normale et habituelle du travail, de l'enseignement, des communications, du commerce et des affaires».
Cette Charte de la langue française a aussi prévu «le respect des institutions de la communauté québécoise d'expression anglaise et celui des minorités ethniques». Faudrait pas l'oublier ça non plus.
On était en 1977, la même année où, par arrêté ministériel, on décrétait le 24 juin Fête Nationale des Québécois.
L'eau a coulé sous les ponts depuis. Le Québec a changé de visage. Au contact de celle des autres, sa culture s'est étoffée, raffinée. Et même si elle mérite toujours et plus que jamais protection et haute-surveillance, cette langue, notre langue, le français, s'est institutionnalisée.
Maintenant donc, contrairement à jadis, le français au Québec n'est plus bafoué et n'est plus la langue des gagne-petits.
Vous vous demandez où je veux en venir?
Juste là: si le français doit être, comme on l'a souhaité, la langue de la législation, de la justice, de l'administration, du travail, des affaires et de l'enseignement., elle est aussi celle de la création (et dieu sait qu'on l'a prouvé). Or, elle n'est pas la seule langue des créateurs. D'autres peuvent l'être aussi. Et parmi ces autres, il y a l'espagnol, l'Italien, le portugais... et aussi l'anglais.
Et dans ce contexte, l'anglais chanté sur une scène pendant quelques minutes à peine n'est ni une menace à notre spécificité en Amérique, ni une insulte à la nation, ni un outrage à la Fête Nationale des Québécois.
L'anglais, dans ce contexte artistique ne met en péril ni notre identité, ni notre culture, ni notre Charte. Dans ce contexte toujours, la langue d'une des minorités du Québec, n'effacera pas tout le progrès réalisé, ne biffera pas tous nos acquis.
Nous ne sommes plus en 1968 quand la langue de Shakespeare, sous n'importe quelle expression, était un danger parce que la nôtre n'existait tout bonnement pas aux yeux des divers pouvoirs.
Non, nous sommes au XXIe siècle quelques décennies plus tard...
Et on ne parle plus d'emploi ici, mais de poésie, de chanson, de musique, de création.
Allons, un peu de sérieux. Soyons pas cons!
jeudi 11 juin 2009
Un mot de sympathie contre une égratignure...
Je ne l'avais pas encore lue, cette lettre. J'étais absent, je crois, quand elle a été publiée dans les journaux.
Je me sens d'autant plus mal de ne pas l'avoir lue avant, que ce papa merveilleux dont parle Annie, la maman, l'auteure de cette missive, est un ami. Oui, un ami, même si je on ne va pas manger l'un chez l'autre, même si on ne sort pas ensemble, même si nos familles ne se fréquentent pas, même si nous n'avons que des liens professionnels.
Or, au fil des ans, pour avoir souvent partagé les mêmes studios, pour avoir beaucoup travaillé ensemble, lui à la réalisation, moi, de l'autre côté de la vitre, pour avoir discuté plus souvent qu'à notre tour, pour avoir parlé toujours trop brièvement de nos enfants, pour avoir suivi ses conseils, pour avoir rigolé de notre origine commune, il est devenu un ami. Bruno est devenu un ami.
Je sais depuis un moment déjà l'épreuve qu'il traverse et je l'admire pour sa dignité dans la douleur, pour sa réserve, pour la confiance qu'il manifeste et le découragement qu'il ne laisse jamais paraître.
Cette lettre intitulée «L'intolérance aux égratignures» est émouvante de sincérité et quiconque a ou a eu un enfant ne peut rester insensible à la souffrance de ces parents impuissants.
Annie décrit bien, prersque trop bien le mal intérieur, et la bêtise extérieure, même innocente.
Trop bien cet insupportable sentiment: la culpabilité.
Trop bien l'amour qu'elle porte à son clan.
C'est un cri que de loin, très très loin, on entend.
Comme cette lettre mérite d'être lue, encore et encore, je la reproduis ici.
J'espère que mon ami et qu'Annie qu'on a envie de prendre dans nos bras, ne m'en voudront pas.
L'intolérance aux égratignures
Ce matin, c'est un matin de larmes. L'optimisme et l'espoir ont laissé la place au découragement. Je sais que ça ne durera pas, que la vie va reprendre le dessus. Il suffit de garder la tête hors de l'eau en attendant une meilleure journée. Mon fils de quatre ans est malade. Ce n'est pas un cancer, sa vie n'est probablement pas en danger, mais son quotidien, de même que celui de son père, de son grand frère et le mien, sont infernaux. Mon fils souffre d'allergies graves et nombreuses, dont la principale conséquence est un eczéma très sévère. Il reçoit une alimentation par gavage pour compenser le fait qu'il ne peut pratiquement rien manger.
Malgré tous ses sacrifices, les crèmes, les médicaments, la peau de tout son corps est rouge vif, rigide comme du carton et surtout, surtout, couverte de profondes égratignures sanguinolentes, qu'il s'inflige lui-même, dans l'espoir de faire cesser ses atroces démangeaisons. A quatre ans, il vit de grandes douleurs, que rien ne soulage.
Nous, ses parents, nous carburons à la culpabilité: celle de continuer de travailler malgré la maladie de notre enfant, parce qu'on a besoin des sous, parce que notre propre santé mentale est en jeu; la culpabilité parce qu'on s'est faché à 3h de la nuit, quand on a pas encore fermé l'oeil et que notre petit persiste à se gratter jusqu'au sang; la culpabilité quand on donne un peu plus que la dose prescrite du médicament, dans l'espoir que cette nuit, enfin, il souffre moins, qu'il dorme un peu et nous aussi; la culpabilité de laisser notre enfant jouer à des jeux video pendant des heures parce que quand il a les deux mains sur une manette, il ne se gratte pas; la grande culpabilité de moins s'occuper du grand frère qui a pourtant besoin d'attention lui aussi, la culpabilité de solliciter l'aide des grands-parents plus que de raison parce que le petit ne fréquente presque plus la garderie.
Hier, mon chum et moi avons passé, une fois de plus, l'après-midi à l'hôpital Sainte-Justine avec notre fils. En revenant dans le stationnement, un peu abattus par notre rencontre avec le médecin, nous avons trouvé une note sur le pare-brise. « La prochaine fois, faites attention en vous stationnant. Vous étiez si proche de mon auto que vous avez égratigné mon bumper. Quand on ne sait pas conduire, on s'abstient » C'était signé Caroline.
C'est tout bête comme note. Mon chum l'a lue et n'en a pas fait de cas, l'a lancée au fond de la voiture. Moi, j'ai été blessée. Blessée par le manque de tolérance, par l'emportement pour une égratignure sur un pare-chocs. Dans le stationnement d'un hôpital pour enfants, où le conducteur fautif vient peut-être de se faire dire que sa fille est bel et bien sourde, que son fils ne pourra plus jamais marcher ou, plus simplement, qu'il vient de passer huit heures à l'urgence avec un bébé fièvreux qui souffre de sa première otite carabinée.
Blessée surtout par l'absence de doute, par la déclaration à l'emporte-pièce. Quand on ne sait pas conduire, on s'abstient. Mon chum est un super bon conducteur. Respectueux surtout. Il s'assure de la sécurité de tous, laisse passer les piétons, n'est jamais agressif envers les autres conducteurs, si imprudents soient-ils.
C'est tout bête, mais ça m'a peinée. Je sais, j'ai les émotions à fleur de peau ces temps-ci. Je pleure en écrivant ces lignes, c'est vous dire...Peinée par un monde qui ne tolère pas une égratignure sur un pare-chocs, qui en déduit immédiatement que le fautif est un imbécile, à qui l'on devrait interdire de conduire, qui, à la limite, ne devrait même pas avoir le droit d'exister, tellement il est stupide.
Moi aussi, j'avais envie de lui dire qu'elle était une imbécile, à cette Caroline. J'ai repris la note, en y cherchant des fautes d'accord, de conjugaison. J'aurais aimé pouvoir lui lancer « Quand on ne sait pas écrire, on s'abstient » Mais aucune erreur à signaler, vraiment, sauf le bumper (mais on reconnaît tous que dire bumper quand on est fâché, ça libère plus que pare-chocs, comme un bon tabarnac fait plus de bien que zut, par exemple). J'avais envie d'en découdre avec elle, mais la lâche n'avait même pas laissé de numéro de téléphone... J'avais envie qu'elle se sente coupable d'avoir insulté des gens déjà à terre à cause de tourments qu'on ne souhaite à personne, même pas aux imbéciles qui ont un permis de conduire. Je la voulais honteuse d'avoir injustement ajouté à ma peine en étant mesquine à l'endroit de mon amoureux, du merveilleux père de mes enfants.
Puis, je me suis rendue compte que j'avais juste envie que Caroline connaisse ma peine, qu'elle comprenne peut-être la distraction de mon chum, qu'elle accorde le bénéfice du doute au prochain humain qui cabossera sa portière ou qui freinera trop brusquement devant elle.
Pour ma part, des égratignures sur mon pare-chocs, j'en prendrais des centaines. Ce sont celles sur les jambes de mon petit que je ne supporte plus.
Annie Noël de Tilly
Ce matin, c'est un matin de larmes. L'optimisme et l'espoir ont laissé la place au découragement. Je sais que ça ne durera pas, que la vie va reprendre le dessus. Il suffit de garder la tête hors de l'eau en attendant une meilleure journée. Mon fils de quatre ans est malade. Ce n'est pas un cancer, sa vie n'est probablement pas en danger, mais son quotidien, de même que celui de son père, de son grand frère et le mien, sont infernaux. Mon fils souffre d'allergies graves et nombreuses, dont la principale conséquence est un eczéma très sévère. Il reçoit une alimentation par gavage pour compenser le fait qu'il ne peut pratiquement rien manger.
Malgré tous ses sacrifices, les crèmes, les médicaments, la peau de tout son corps est rouge vif, rigide comme du carton et surtout, surtout, couverte de profondes égratignures sanguinolentes, qu'il s'inflige lui-même, dans l'espoir de faire cesser ses atroces démangeaisons. A quatre ans, il vit de grandes douleurs, que rien ne soulage.
Nous, ses parents, nous carburons à la culpabilité: celle de continuer de travailler malgré la maladie de notre enfant, parce qu'on a besoin des sous, parce que notre propre santé mentale est en jeu; la culpabilité parce qu'on s'est faché à 3h de la nuit, quand on a pas encore fermé l'oeil et que notre petit persiste à se gratter jusqu'au sang; la culpabilité quand on donne un peu plus que la dose prescrite du médicament, dans l'espoir que cette nuit, enfin, il souffre moins, qu'il dorme un peu et nous aussi; la culpabilité de laisser notre enfant jouer à des jeux video pendant des heures parce que quand il a les deux mains sur une manette, il ne se gratte pas; la grande culpabilité de moins s'occuper du grand frère qui a pourtant besoin d'attention lui aussi, la culpabilité de solliciter l'aide des grands-parents plus que de raison parce que le petit ne fréquente presque plus la garderie.
Hier, mon chum et moi avons passé, une fois de plus, l'après-midi à l'hôpital Sainte-Justine avec notre fils. En revenant dans le stationnement, un peu abattus par notre rencontre avec le médecin, nous avons trouvé une note sur le pare-brise. « La prochaine fois, faites attention en vous stationnant. Vous étiez si proche de mon auto que vous avez égratigné mon bumper. Quand on ne sait pas conduire, on s'abstient » C'était signé Caroline.
C'est tout bête comme note. Mon chum l'a lue et n'en a pas fait de cas, l'a lancée au fond de la voiture. Moi, j'ai été blessée. Blessée par le manque de tolérance, par l'emportement pour une égratignure sur un pare-chocs. Dans le stationnement d'un hôpital pour enfants, où le conducteur fautif vient peut-être de se faire dire que sa fille est bel et bien sourde, que son fils ne pourra plus jamais marcher ou, plus simplement, qu'il vient de passer huit heures à l'urgence avec un bébé fièvreux qui souffre de sa première otite carabinée.
Blessée surtout par l'absence de doute, par la déclaration à l'emporte-pièce. Quand on ne sait pas conduire, on s'abstient. Mon chum est un super bon conducteur. Respectueux surtout. Il s'assure de la sécurité de tous, laisse passer les piétons, n'est jamais agressif envers les autres conducteurs, si imprudents soient-ils.
C'est tout bête, mais ça m'a peinée. Je sais, j'ai les émotions à fleur de peau ces temps-ci. Je pleure en écrivant ces lignes, c'est vous dire...Peinée par un monde qui ne tolère pas une égratignure sur un pare-chocs, qui en déduit immédiatement que le fautif est un imbécile, à qui l'on devrait interdire de conduire, qui, à la limite, ne devrait même pas avoir le droit d'exister, tellement il est stupide.
Moi aussi, j'avais envie de lui dire qu'elle était une imbécile, à cette Caroline. J'ai repris la note, en y cherchant des fautes d'accord, de conjugaison. J'aurais aimé pouvoir lui lancer « Quand on ne sait pas écrire, on s'abstient » Mais aucune erreur à signaler, vraiment, sauf le bumper (mais on reconnaît tous que dire bumper quand on est fâché, ça libère plus que pare-chocs, comme un bon tabarnac fait plus de bien que zut, par exemple). J'avais envie d'en découdre avec elle, mais la lâche n'avait même pas laissé de numéro de téléphone... J'avais envie qu'elle se sente coupable d'avoir insulté des gens déjà à terre à cause de tourments qu'on ne souhaite à personne, même pas aux imbéciles qui ont un permis de conduire. Je la voulais honteuse d'avoir injustement ajouté à ma peine en étant mesquine à l'endroit de mon amoureux, du merveilleux père de mes enfants.
Puis, je me suis rendue compte que j'avais juste envie que Caroline connaisse ma peine, qu'elle comprenne peut-être la distraction de mon chum, qu'elle accorde le bénéfice du doute au prochain humain qui cabossera sa portière ou qui freinera trop brusquement devant elle.
Pour ma part, des égratignures sur mon pare-chocs, j'en prendrais des centaines. Ce sont celles sur les jambes de mon petit que je ne supporte plus.
Annie Noël de Tilly
mercredi 10 juin 2009
Tu vuo' fa' l'Americano
C'est comme ça que les Italiens doivent voir la chose. Je les connais les Italiens, ils doivent se péter les bretelles depuis l'annonce officielle du rachat des actifs de Chrysler par Fiat. C'est comme David tirant la barbichette à Goliath. Comme le ouistiti qui fait un bras d'honneur au gorille. C'est l'Europe qui fait un pied de nez à l'Amérique. Ils doivent rire dans leur barbe, les Ritals.
Tournez ça comme vous voulez, ils y voient une revanche. Sûr. L'Italie a toujours entretenu une relation amour-haine avec l'Amérique. Toujours. En tout cas, depuis au moins la fin du XIXe ou le début du XXe siècle, depuis les premières vagues d'immigration, depuis la naissance du rêve américain.
Et pis là, la balloune a pété. L'Amérique est ébranlée dans ses croyances les plus profondes, celles du dieu dollar. En plus, l'automobile, symbole géant de la richesse de cette Amérique «toute puissante», de sa force et de son pouvoir plie l'échine pour la première fois.
Dans ma tête et dans celle de bien du monde, Fiat, c'est d'abord la 500, le Topolino, le petit rat, le «pot de yaourt» comme l'ont surnommé les Français.
Fin 1940, début des années 1950, Fiat cherchait à construire la plus petite voiture du monde.
Fiat a réussi en '57. Et elle l'a fabriquée pendant des années, presque 20 ans. Et là, Fiat arrive avec sa technologie et sa mascotte pour sauver Chrysler. C'est la charge de la cavalerie des cinque cento.
C'est ça la revanche: dans la tête de l'Italien et peut-être aussi un peu dans celle de Marchionne, président de la Fiat, qui rêve de voir celle qui fut la plus petite automobile du monde pendant longtemps envahir les rues, les autoroutes et les boulevards où, pendant des décennies, les culs à l'Américaine des plus grosses bagnoles, se sont dandinés.
Et maintenant la cinque cento pourra chanter:
mardi 9 juin 2009
Pourquoi faire simple quand...
...on peut faire compliqué.
Ce débat sur des télécabines qui relieraient la Rive Sud au Vieux-Port. Génial, non. D'abord ces oeufs qui survoleraient le fleuve, qui nous mèneraient de Saint-Lambert à l'ïle, qui transporteraient jusqu'à 5000 personnes par heure.
Il est où le problème?
La Société du Vieux Port refuse d'accueillir le projet sur son territoire. Pourquoi? Dites, pourquoi? Il est où le problème.
Chouette pour les locaux! Chouette pour les touristes! Parfaitement adapté à notre climat. C'est pas laid. Plutôt vert comme exercice. L'expérience a fait ses preuves dans des centaines de villes du monde. Comment n'y a-t-on pas pensé avant?
Il est où le problème, hein? Il est où?
Ça mérite au moins qu'on se penche sérieusement sur le projet plutôt que de le bouder sans raison, non?
Putain qu'on est compliqué des fois.
lundi 8 juin 2009
Avec la langue...

Parler ou ne pas parler anglais?
Être ou ne pas être bilingue quand on aspire à devenir maire de Montréal? Ou maire d'une autre ville? Ou qu'on vise à occuper une fonction publique?
On discute le coup en ce moment autour de Louise Harel qui ne pipe mot en anglais. Elle baragouine, disons. On a déjà connu ce même genre de débat au sujet de Madame Marois.
C'est vrai, j'en conviens, Monsieur Duceppe a raison. On se pose rarement la question quand il s'agit du maire d'Ottawa ou d'une autre ville du Canada en dépit des édits sur les langues officielles.
Or, la question n'est pas là ou plutôt, si, elle est là, partout, dès qu'il s'agit d'occuper un poste d'élu. Que ce soit madame Harel ou un autre.
Il se trouve que parler anglais, même au Québec, n'est pas une tare. Une confusion s'est installée au fil des ans et on s'est mis à confondre une loi 101 qui vise à protéger une langue fragilisée par l'environnement où elle survit avec la pratique d'autres idiomes. Or, ça n'a rien à voir.
Parler une langue et la parler correctement c'est bien. Mais en parler deux, ou trois, quatre ou plus encore, c'est mieux. Surtout à une époque d'ouverture comme celle à laquelle nous vivons. Il est question ici, non plus de politique, mais de culture. Et n'est-il pas normal qu'on attende de nos élus qu'ils possèdent un minimum de connaissances générales.
Qu'on soit souverainiste, indépendantiste, n'a rien à voir avec la maîtrise de l'anglais. C'est du savoir qu'il est question ici et le savoir est un atout.
La langue, peu importe laquelle, n'est pas seulement un outil de communication verbale. La langue est la clé qui permet d'accéder aux cultures du monde et de les décoder, qui permet d'en comprendre les subtilités; et la langue reste le chemin le plus court pour accéder à l'âme du peuple qui la pratique.
Quand un journal comme The Gazette dénonce l'unilinguisme d'une madame Harel, il le fait pour les mauvaises raisons. Il attaque pour des raisons politiques. C'est une erreur.
* * *
Est-ce que je vous ai dit que jusqu'à l'âge de trois ans, je ne parlais qu'italien. Normal. J'avais peu de contact encore avec l'extérieur et mon univers se limitait à ma famille d'immigrants.
Et puis, j'ai commencé à fréquenter les voisins, les gamins de la rue, à jouer dehors avec eux. Ils m'ont appris le français, les codes de cette société dans laquelle j'étais né, mais que je connaissais pas encore. Puis vinrent l'école et les études.
Tranquillement, mais sûrement j'étais de là où j'étais et non plus de là où venait mes parents. Le français est devenu ma langue «naturelle», celle qui, peu à peu, a supplanté ma langue maternelle. Dehors, bien sûr, à l'école comme dans la rue, je parlais français, je jouais en français, j'apprenais en français. Même à la maison, avec ma soeur et aussi avec ma mère, le français était la langue d'usage.
Un seul gardait le fort de sa culture, même s'il parlait lui aussi français. C'était papa. Quand on s'asseyait à table, tous les soirs, il arrêtait nos échanges de plus en plus évidents dans la langue de Molière pour imposer celle de Dante.
«Ici, à table, disait-il, on parle italien».
C'était la manière qu'il avait trouvé pour garder contact avec nous, bien sûr, mais aussi avec ses racines. La seule manière pour faire le point entre sa famille et celle de ses aïeux. La seule manière qu'il avait trouvé pour nous apprendre, pour nous faire comprendre, malgré son économie de parole -papa comme bien des papas de sa génération parlait peu- d'où il venait, d'où on venait. La seule façon qu'il avait trouvé pour nous communiquer cette culture qui nous servait d'appui.
Je parlais donc français; j'ai appris l'anglais, puis l'espagnol, mais l'Italien m'est resté, toujours.
À l'adolescence, quand pour la première fois j'ai mis le pied en Italie, tout de suite, même si je n'y étais jamais allé auparavant, je me suis senti chez moi. Non seulement, je comprenais ce qu'on me disait, mais je comprenais ce qu'on faisait dans le quotidien, je comprenais les habitudes, j'adhérais à la culture. Je marchais dans la rue et je me reconnaissais dans les yeux et dans les mots des autres.
Sans la langue, j'aurais été l'étranger.
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